coursFPUS508 Cheikh Tacko

La Perte d’Indépendance Fonctionnelle (PIF) est l’impossibilité de réaliser une ou plusieurs activités de la vie quotidienne sans l’aide d’autrui. Elle se situe à l’extrême des déclins fonctionnels; sa fréquence augmente avec l’âge et sa prise en charge représente un lourd fardeau chez les aidants. L’objectif général était d’évaluer l’impact socio-économique de la PIF chez des patients âgés de 60 ans et plus hospitalisés en Gériatrie au CHNU FANN
Nous avons mené une étude prospective, comportant un volet épidémiologique, clinique et socio-économique incluant les sujets âgés et leurs aidants principaux.
Sur un total de 35 patients, 18 répondaient aux critères d’inclusion soit une fréquence de 51,43 % et chaque patient avait au moins un aidant principal. La moyenne d’âge des patients était de 80 ± 6,3 ans et celle des aidants de 47,39 ± 13,61 ans. Une prédominance féminine était notée chez les patients comme chez les aidants avec respectivement 66,67% et 73,91%. L’instruction à l’école coranique prédominait chez les patients (55,5%) alors que chez les aidants l’école française avec un niveau supérieur prédominait (34,78%). Nos patients provenaient essentiellement des urgences de l’hôpital et de la consultation gériatrique avec 38,8% chacune. La PEC était assurée par le soutien familial exclusif (77,77%) et la plupart des aidants étaient les enfants du patient (56,52%). Les comorbidités cardiovasculaires étaient les plus constantes avec une prévalence de 46,15%. La PIF était jugée modérée à sévère chez 88,88% des patients. Les autres syndromes gériatriques étaient dominés par la fragilité (94,4%) puis du syndrome confusionnel et de la dénutrition avec respectivement 38,89% et 22,22%. Le fardeau ressenti était léger à modéré chez 52,17% (Zarit moyen 2±1,17) des aidants avec une forte probabilité de dépression. La durée moyenne de séjour était de 12,44 jours ± 5,67 chez les patients et l’absentéisme de 6,57 ± 8,17 jours chez les aidants. Les coûts directs s’élevaient à 14 097,45 € dominés par les dépenses en hôtellerie (42,07%).
Les coûts indirects étaient de 2 682,69 € et étaient dominés par les pertes engendrées par l’hospitalisation (60,43%), Enfin la prise en charge globale de la PIF mobilisait 16 780,14 € avec une moyenne par patient de 932,23 €.
La PIF impose un lourd fardeau financier au pays, réduit la productivité globale des aidants et compromet la qualité de vie, d’où la nécessité de proposer une stratégie de prise en charge globale incluant un soutien psycho-affectif.
Enseignant: Cheikh Tacko DIOP